Les cotisations URSSAF d’un auto-entrepreneur sont calculées directement sur son chiffre d’affaires encaissé. Il n’est donc pas nécessaire de déterminer un bénéfice ou de déduire ses dépenses avant de connaître le montant à verser : un taux forfaitaire est appliqué au chiffre d’affaires déclaré.
Ce taux n’est toutefois pas identique pour tous. Il dépend de la nature de l’activité exercée. En 2026, il va de 12,3 % pour certaines activités de vente à 25,6 % pour les activités libérales relevant des BNC hors Cipav. À ces cotisations peuvent s’ajouter d’autres prélèvements, notamment la contribution à la formation professionnelle.
- Quel est le taux de cotisations URSSAF d’un auto-entrepreneur ?
- Comment calculer ses cotisations URSSAF d’auto-entrepreneur ?
- À quoi servent les cotisations URSSAF de l’auto-entrepreneur ?
- Quelles charges ne sont pas comprises dans les cotisations URSSAF ?
- Quand et comment payer ses cotisations URSSAF ?
- Que se passe-t-il avec 0 € de chiffre d’affaires ?
Quel est le taux de cotisations URSSAF d’un auto-entrepreneur ?
Le régime micro-social repose sur un principe simple : plus le chiffre d’affaires encaissé est élevé, plus les cotisations augmentent dans la même proportion.
En 2026, les principaux taux de cotisations sociales des micro-entrepreneurs sont les suivants :
| Nature de l’activité | Taux de cotisations sociales |
|---|---|
| Achat et revente de marchandises (BIC) | 12,3 % |
| Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) | 21,2 % |
| Autres prestations de services et professions libérales relevant des BNC hors Cipav | 25,6 % |
| Professions libérales réglementées relevant de la Cipav | 23,2 % |
| Location de meublés de tourisme classés | 6 % |
Ces taux officiels sont ceux du régime micro-social. Le taux applicable aux BNC hors Cipav est passé de 24,6 % en 2025 à 25,6 % au 1er janvier 2026, notamment afin de financer des droits à retraite complémentaire. Le taux des micro-entrepreneurs relevant de la Cipav est quant à lui fixé à 23,2 %.
La distinction entre les catégories est donc importante. Un consultant indépendant exerçant une activité libérale ne supporte pas nécessairement le même taux qu’un artisan effectuant une prestation de services, même si tous deux utilisent le régime de la micro-entreprise.
Pour vérifier les catégories, les taux applicables et les particularités du régime, il peut être utile de consulter les cotisations URSSAF de l’auto-entrepreneur sur les sites officiels du service public.
Un micro-entrepreneur qui exerce plusieurs activités peut par ailleurs devoir ventiler son chiffre d’affaires. Lorsqu’une activité commerciale et une prestation de services sont exercées simultanément, le taux correspondant est appliqué à la part de chiffre d’affaires générée par chaque activité.
Comment calculer ses cotisations URSSAF d’auto-entrepreneur ?
Le calcul de base tient en une formule :
Chiffre d’affaires encaissé × taux de cotisations = montant des cotisations sociales
La notion de chiffre d’affaires encaissé est essentielle. Une facture émise mais qui n’a pas encore été payée par le client n’entre pas dans la déclaration de la période. À l’inverse, lorsqu’un règlement est reçu, son montant doit être déclaré, sans déduire les frais engagés pour réaliser la vente ou la prestation. L’Urssaf précise que le chiffre d’affaires déclaré est le chiffre d’affaires hors taxes encaissé et qu’aucune charge ne peut en être déduite.
Prenons un auto-entrepreneur qui réalise 2 000 € de chiffre d’affaires encaissé au titre d’une prestation de services commerciale relevant des BIC. Avec un taux de 21,2 %, ses cotisations sociales atteignent 424 €.
Pour un professionnel libéral relevant des BNC hors Cipav et encaissant le même chiffre d’affaires, le calcul donne 512 €, puisque le taux applicable en 2026 est de 25,6 %.
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Résultat estimatif
Cette estimation porte uniquement sur les cotisations sociales et la contribution à la formation professionnelle. La CFP est versée une fois par an, en novembre. Le calcul ne comprend ni l’impôt sur le revenu, ni la CFE, ni la TVA éventuelle, ni les frais professionnels. Il ne correspond donc pas au revenu net de l’auto-entrepreneur.
ACRE : le simulateur applique les taux en vigueur pour les créations de micro-entreprises à compter du 1er juillet 2026. Pour une création antérieure à cette date, les règles de réduction des cotisations étaient différentes.
L’ACRE peut réduire temporairement les cotisations
Les créateurs ou repreneurs d’entreprise remplissant les conditions de l’ACRE peuvent bénéficier d’une réduction temporaire de leurs cotisations sociales. Les règles ont changé en cours d’année 2026 : depuis le 1er juillet 2026, l’exonération correspond à 25 % des cotisations normalement dues, contre 50 % auparavant. Le micro-entrepreneur bénéficiant de l’ACRE paie donc, depuis cette date, 75 % du taux de droit commun pendant la période d’exonération.
À quoi servent les cotisations URSSAF de l’auto-entrepreneur ?
Payer des cotisations sociales ne revient pas simplement à acquitter une taxe sur le chiffre d’affaires. Ces sommes financent la protection sociale du micro-entrepreneur.
Elles contribuent notamment à l’assurance maladie-maternité, aux indemnités journalières, aux allocations familiales, à l’invalidité-décès ainsi qu’à la retraite de base et à la retraite complémentaire. Une partie du prélèvement correspond également à la CSG et à la CRDS.
Les droits à la retraite ne sont pas indépendants du niveau d’activité. Pour valider des trimestres, il faut atteindre un chiffre d’affaires minimal qui varie selon la nature de l’activité. Par exemple, l’Urssaf indique pour 2026 qu’un professionnel libéral réglementé relevant de la Cipav doit réaliser 2 792 € de chiffre d’affaires pour valider un trimestre de retraite de base et 11 168 € pour en valider quatre.
Les cotisations sociales ne créent en revanche pas, à elles seules, de droit à l’assurance chômage. Un micro-entrepreneur qui cesse son activité ne bénéficie donc pas d’une indemnisation de France Travail au seul motif qu’il a payé ses cotisations URSSAF.
La contribution à la formation professionnelle (CFP) doit être distinguée des taux de cotisations figurant dans le tableau précédent. Elle est payée en complément et ouvre des droits à la formation. Son taux est de 0,1 % du chiffre d’affaires pour les activités commerciales, 0,3 % pour les activités artisanales et 0,2 % pour les prestations de services et professions libérales.
Combien faut-il cotiser pour valider ses trimestres de retraite ?
Le nombre de trimestres validés dépend du chiffre d’affaires encaissé dans l’année et de la nature de l’activité. Plus le chiffre d’affaires est élevé, plus le nombre de trimestres validés augmente, dans la limite de quatre par an. Il ne suffit donc pas d’être inscrit comme micro-entrepreneur : un niveau minimal d’activité est nécessaire pour acquérir des droits à la retraite de base.
Les seuils varient selon le régime de retraite concerné. Pour les professions libérales réglementées relevant de la Cipav, il faut en 2026 réaliser 2 792 € de chiffre d’affaires pour valider un trimestre, 5 584 € pour deux, 8 376 € pour trois et 11 168 € pour quatre trimestres. Ces montants sont réévalués régulièrement et devront être vérifiés lors de chaque mise à jour annuelle de l’article.
Quelles charges ne sont pas comprises dans les cotisations URSSAF ?
Connaître le montant de ses cotisations ne suffit pas à connaître son revenu disponible. D’autres dépenses restent à la charge du micro-entrepreneur.
La première est l’impôt sur le revenu. Il relève de la fiscalité et non des cotisations sociales. Le micro-entrepreneur peut, sous certaines conditions, choisir le versement libératoire : l’impôt est alors réglé en même temps que les cotisations, mais il reste juridiquement un prélèvement distinct.
Il faut également tenir compte de la cotisation foncière des entreprises (CFE). La première année d’activité bénéficie d’une exonération, puis la CFE est due les années suivantes. L’Urssaf rappelle qu’une exonération de cotisation minimum existe lorsque le chiffre d’affaires de l’année précédente n’excède pas 5 000 €.
La TVA constitue un autre sujet. Être micro-entrepreneur ne signifie pas nécessairement être exonéré de TVA pendant toute la durée de l’activité. En 2026, la franchise en base demeure soumise à des seuils spécifiques, distincts des plafonds permettant de rester sous le régime de la micro-entreprise. Un micro-entrepreneur qui reste au régime de la micro entreprise tout en devenant redevable de la TVA, c'est possible !
Enfin, le régime micro ne permet pas de déduire les dépenses professionnelles réelles pour calculer les cotisations sociales. Assurance, abonnements logiciels, téléphone, carburant, matériel, sous-traitance ou frais bancaires restent financés par l’entreprise.
Quand et comment payer ses cotisations URSSAF ?
Le micro-entrepreneur déclare son chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre, selon la périodicité choisie. Cette déclaration s’effectue sur le site autoentrepreneur.urssaf.fr ou via l’application AutoEntrepreneur Urssaf.
Pour chaque période, il indique le chiffre d’affaires encaissé dans la ou les catégories correspondant à son activité. L’Urssaf calcule alors le montant dû en appliquant automatiquement le taux correspondant.
Les déclarations sont accessibles entre le premier et le dernier jour du mois suivant la période concernée. Le paiement est effectué par voie dématérialisée.
Le choix entre une périodicité mensuelle et trimestrielle ne modifie pas le taux de cotisations. Il change seulement le rythme auquel le chiffre d’affaires est déclaré et les sommes sont prélevées. Pour une activité dont les recettes fluctuent beaucoup, la déclaration mensuelle permet de rapprocher davantage les cotisations des encaissements réels. Une déclaration trimestrielle espace les démarches, mais conduit à régler trois mois de cotisations en une seule fois.
Que se passe-t-il avec 0 € de chiffre d’affaires ?
Même lorsqu’il n’a rien encaissé, le micro-entrepreneur doit effectuer sa déclaration de chiffre d’affaires. Il indique simplement 0 € pour la période concernée.
Dans ce cas, aucune cotisation sociale proportionnelle au chiffre d’affaires n’est due. C’est une différence importante avec d’autres régimes de travailleurs indépendants, dans lesquels des cotisations minimales peuvent subsister indépendamment du niveau d’activité.
Le micro-entrepreneur peut toutefois demander, dans certaines situations, à acquitter volontairement des cotisations minimales afin d’améliorer sa protection sociale et l’acquisition de certains droits. L’absence de chiffre d’affaires n’efface donc pas l’obligation déclarative ; elle ramène simplement à zéro les cotisations calculées sur le chiffre d’affaires.
